Le Togo a probablement lancé, le 26 mars 2026 à Lomé, le Forum national de l'agroécologie et de l'agriculture biologique (FNAAB), lors d'une conférence de presse tenue au Centre SICHEM. Cette initiative marque une nouvelle étape dans la promotion d'un modèle agricole durable dans le pays.
Prévu du 7 au 9 avril 2026, ce rendez-vous d'envergure nationale est porté par un comité d'organisation multinational regroupant la Coordination Togolaise des Organisations Paysannes et de Producteurs Agricoles (CTOP), le Réseau National des Acteurs de l'Agriculture Biologique du Togo (RéNAAT), l'Organisation pour l'Alimentation et le Développement Local (OADEL) et l'Association Nationale pour l'Agriculture Biologique (ANABIO).
L'initiative bénéficie de l'appui de l'Allemagne et de l'Union européenne, à travers notamment la GIZ et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), en collaboration avec le ministère en charge de l'Agriculture. La FNAAB vise plusieurs objectifs structurants, dont l'adoption d'une déclaration nationale assortie d'une feuille de route et d'un mécanisme de suivi, le renforcement de la coordination entre acteurs et une meilleure appropriation de la stratégie nationale de développement de l'agroécologie et de l'agriculture biologique (SNADAAB).
Il ambitionne également de valoriser les innovations agroécologiques et de renforcer l'inclusion des jeunes, des femmes et des collectivités territoriales. Le forum réunira une diversité d'acteurs : autorités publiques, organisations paysannes, chercheurs, partenaires techniques et financiers, ainsi que des représentants du secteur privé.
L'objectif est de poser les bases d'un cadre de concertation inclusif, capable d'accélérer la transition vers des systèmes agricoles plus durables et respectueux de l'environnement. Cette initiative s'inscrit dans une dynamique nationale déjà engagée pour structurer le secteur de l'agriculture biologique, longtemps marquée par l'absence de normes harmonisées et de cadre formel.
Elle accompagne la mise en place d'un dispositif multi-acteurs, conformément aux orientations stratégiques nationales. Au-delà des enjeux agricoles, le forum abordera des questions clés liées à la sécurité alimentaire, à la résilience climatique et à la compétitivité des produits togolais sur les marchés internationaux.
Le pays s'est en effet localisé ces dernières années sur la filière biologique, avec des exportations de produits tels que le soja, la noix de cajou ou le gingembre vers l'Europe. Dans ce contexte, la promotion des pratiques agroécologiques apparaît comme une réponse stratégique pour réduire la dépendance aux intrants chimiques, préserver les ressources naturelles et améliorer les revenus des producteurs. Les travaux devraient déboucher sur des recommandations concrètes, notamment en matière de réglementation, de certification et de financement. Ils permettront également de renforcer les synergies entre les différents acteurs du secteur.
Par ailleurs, des avancées récentes, comme la validation du référentiel national BioSPG, illustrent la volonté des autorités et de leurs partenaires de doter le pays d'outils fiables pour encadrer la production biologique. À travers le lancement du FNAAB, le Togo confirme son ambition de faire de l'agroécologie et de l'agriculture biologique des leviers majeurs de transformation de son système agricole, en phase avec les défis environnementaux et économiques contemporains.

