Lomé – Les acheteurs agréés et les sociétés coopératives de producteurs de noix de cajou sont désormais tenus de livrer au moins un tiers (1/3) de leur collecte aux unités de transformation installées au Togo avant toute exportation.
La mesure découle d'un arrêté signé le 30 décembre par le ministre de l'Économie, Badaman Patoki, et le ministre de l'Agriculture, Lekpa Gbegbeni.
Cette décision vise à stimuler la transformation locale de l'anacarde et à accroître la valeur ajoutée au niveau national. Concrètement, les acheteurs agréés et les coopératives doivent céder une partie de leur volume aux unités industrielles de transformation avant toute transaction avec les exportateurs.
Le texte précise que le prix de cession aux transformateurs sera fixé en début de campagne par l'interprofession, afin d'assurer une certaine stabilité des transactions entre les différents acteurs de la filière.
Lors de la livraison du quota obligatoire, les responsables des unités de transformation délivreront un quitus ou un bordereau de livraison à l'acheteur agréé ou à la coopérative. Ce document doit être préalablement visé par le Conseil Interprofessionnel de la Filière Anacarde du Togo, chargé de la régulation et du suivi de la filière.
Les autorités préviennent que tout acheteur ou coopérative qui ne respecte pas l'obligation de livraison du tiers de la production sera exclue de toute opération de vente aux exportateurs pour le reste de la campagne.
Toutefois, si l'impossibilité de livraison est imputable aux unités de transformation, le CIFAT pourra constater la situation et délivrer un quitus exceptionnel, permettant aux opérateurs concernés de poursuivre leurs ventes à l'export.
Par ailleurs, l'achat et l'exportation des noix de cajou restent conditionnés par l'obtention d'un agrément délivré par le Comité de coordination de la filière anacarde.
Les ministres avertissent que toute marchandise destinée à l'exportation sans que les documents requis soient saisis par les autorités compétentes. La levée de la saisie ne pourra intervenir qu'après mise en conformité de l'exportateur avec les dispositions de l'arrêté, les frais et préjudices restant à sa charge.
Avec cette mesure, le gouvernement togolais entend renforcer l'industrialisation de la filière anacarde, limiter l'exportation de matières premières brutes et favoriser la création de richesse et d'emplois dans le pays.

