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Lomé, 7 avril 2026: La première édition du Forum national sur l’agroécologie et l’agriculture biologique du Togo (FNAAB) s’est ouverte ce mardi à Lomé, à l’hôtel Sarakawa, en présence de plusieurs acteurs institutionnels et partenaires techniques, dont des représentants du ministère en charge de l’Agriculture, de la GIZ, de l’ambassade d’Allemagne, de la Banque mondiale, de la FAO et de l’OADEL.

 

Placée sous le thème « Agroécologie et agriculture biologique comme levier de transformation des systèmes alimentaires », cette rencontre d’envergure, prévue du 7 au 9 avril 2026, ambitionne de promouvoir une transition vers des systèmes agricoles plus durables au Togo.

Initiée comme un cadre de dialogue et de concertation, la rencontre réunit producteurs, décideurs politiques, organisations de la société civile ainsi que partenaires techniques et financiers. L’objectif est de mieux structurer le secteur, renforcer la coordination des initiatives et mobiliser les investissements en faveur de l’agroécologie et de l’agriculture biologique.

Pilier de l’économie nationale, l’agriculture contribue à environ 20 % du produit intérieur brut et emploie plus de 60 % de la population active. Cependant, le secteur reste confronté à de nombreux défis, notamment la dégradation des sols, la variabilité climatique et la dépendance aux intrants chimiques. À cela s’ajoute une baisse des exportations de produits biologiques, estimée à plus de 15 % entre 2023 et 2024, malgré une demande mondiale croissante.

Face à ces enjeux, l’agroécologie et l’agriculture biologique apparaissent comme des alternatives crédibles pour renforcer la résilience des systèmes agricoles et améliorer durablement la productivité. Selon les organisateurs, le principal défi réside moins dans le potentiel du secteur que dans son manque de structuration.

Les travaux du forum s’articulent ainsi autour de plusieurs axes majeurs, notamment la structuration des filières, le renforcement du dialogue politique, l’amélioration de l’accès aux marchés et la mobilisation des financements. Des sessions plénières, ateliers thématiques et expositions sont également prévus afin de valoriser les initiatives locales.

« Au-delà des aspects techniques, le forum aborde des questions essentielles telles que la gouvernance du secteur, les mécanismes de financement adaptés aux producteurs et l’innovation agricole », a indiqué Dr Anani K. Combé Sélom, président du comité d’organisation. Il a également souligné l’importance de l’inclusion des jeunes et des femmes dans cette dynamique de transformation.

Représentant le ministre de l’Agriculture, Hounkanli Kossi Djifa a rappelé le rôle central du secteur agricole dans l’économie togolaise. « L’agriculture constitue le principal moyen de subsistance pour plus de 65 % de la population et contribue à près de 22,3 % du PIB », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant les défis persistants liés aux faibles rendements, à l’accès au financement et à la vulnérabilité climatique.

Il a par ailleurs évoqué les initiatives en cours pour promouvoir des pratiques agricoles durables, notamment le programme agroécologie de la CEDEAO, le programme AgSys de la GIZ, ainsi que d’autres projets tels que PRIMA, ProMIFA et FSRP.

De son côté, le représentant de l’ambassadeur d’Allemagne au Togo, Vincent Fremondière, a réaffirmé l’engagement de son pays à accompagner cette transition. « L’agroécologie et l’agriculture biologique ne sont pas une option, mais une nécessité pour l’avenir », a-t-il insisté, plaidant pour une approche collaborative impliquant l’ensemble des acteurs.

À l’issue de la cérémonie d’ouverture, les autorités ont effectué une visite des stands d’exposition, où étaient présentés divers produits biologiques et initiatives locales.

À travers ce forum, les organisateurs espèrent aboutir à des résultats concrets, notamment l’élaboration d’une feuille de route nationale, le renforcement des partenariats et une meilleure coordination des actions. À terme, le FNAAB ambitionne de faire de l’agroécologie et de l’agriculture biologique des leviers stratégiques pour la souveraineté alimentaire du Togo.