La gestion du risque de liquidité lié à la dette publique s’impose comme une priorité stratégique pour les États de l’espace Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine. C’est dans ce contexte qu’une rencontre technique de haut niveau se tient du 30 mars au 1er avril 2026 à Lomé, réunissant les principaux acteurs des politiques économiques et financières de la région.
Organisée avec la participation des cadres de la Commission de l’UEMOA, des Comités Nationaux de Politique Économique (CNPE) et de plusieurs institutions régionales, cette réunion vise à analyser les enjeux et à explorer les perspectives liés à la gestion du risque de liquidité. Autour de la table figurent notamment la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, la Banque Ouest Africaine de Développement, ainsi que UMOA-Titres et l’Agence Monétaire de l’Afrique de l’Ouest.
Le risque de liquidité, qui renvoie à la capacité des États à honorer leurs engagements financiers à court terme, constitue un défi majeur dans un contexte marqué par la pression sur les finances publiques. Une mauvaise gestion de ce risque peut entraîner des tensions de trésorerie, affecter la crédibilité des États sur les marchés et compromettre l’accès au financement.
Dans l’espace UEMOA, cette problématique est accentuée par la structure des marchés financiers, encore peu diversifiés, et par une concentration des échéances de dette sur le court terme. La dépendance aux émissions de titres publics sur le marché régional renforce également la vulnérabilité des États face aux chocs économiques.
Au-delà de la gestion immédiate de la trésorerie, la maîtrise du risque de liquidité conditionne la soutenabilité de la dette publique et la stabilité macroéconomique de l’Union. Elle influence directement les coûts d’emprunt et la capacité des États à mobiliser des ressources pour financer leurs politiques de développement.
Les Comités Nationaux de Politique Économique jouent, à cet égard, un rôle clé dans le suivi des réformes et la formulation de recommandations visant à améliorer la gestion des finances publiques.
Lors de l’ouverture des travaux, le Commissaire chargé des Politiques économiques et de la fiscalité intérieure, Mahamadou Gado, a souligné la nécessité d’une gestion rigoureuse du risque de liquidité pour préserver l’équilibre financier des États. De son côté, Essokiza Anakpa, représentant le ministre togolais des Finances, a mis en lumière les défis spécifiques auxquels la région est confrontée.
Les travaux, présidés par Hyppolite Kouakou Konan, portent notamment sur l’identification des facteurs explicatifs du risque de liquidité, l’évaluation de son impact sur les capacités de financement des États et l’analyse des mécanismes de suivi existants.
Parmi les pistes envisagées figurent l’allongement de la maturité de la dette, la diversification des investisseurs, le renforcement des outils de gestion et une meilleure mobilisation des ressources internes. L’objectif est de réduire la vulnérabilité des États et de renforcer la résilience financière de l’ensemble de l’Union.
Des recommandations attendues
Prévue pour s’achever le 1er avril 2026, la rencontre de Lomé devrait déboucher sur des recommandations concrètes en vue d’améliorer la gestion du risque de liquidité dans les États membres.
Dans un contexte économique incertain, marqué par des besoins croissants de financement, cette initiative traduit la volonté des institutions régionales de consolider la stabilité financière et de soutenir une croissance durable au sein de l’UEMOA.

