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Porté par le dynamisme des échanges de biens liés à l’intelligence artificielle, le commerce mondial a enregistré une performance supérieure aux attentes en 2025. Toutefois, les perspectives pour 2026 s’annoncent plus incertaines, selon le dernier rapport publié le 19 mars 2026 par l’Organisation mondiale du commerce.

D’après l’institution basée à Genève, les échanges mondiaux de marchandises ont progressé de 4,6 % en volume en 2025, un niveau nettement supérieur aux prévisions d’octobre qui tablaient sur 2,4 %. Cette performance s’explique notamment par la forte demande en biens liés à l’intelligence artificielle, soutenue par un boom des investissements dans ce secteur, qui a permis de compenser les effets négatifs liés à la hausse des droits de douane et à l’incertitude commerciale.

Dans le détail, les exportations mondiales de marchandises ont atteint 26 260 milliards de dollars en 2025, en hausse de 7 % sur un an. Le commerce des services s’est également inscrit en progression, à 9 560 milliards de dollars (+8 %). Au total, les échanges mondiaux de biens et services ont culminé à 34 650 milliards de dollars, soit une augmentation globale de 7 %.

Malgré cette résilience, l’OMC se montre prudente pour 2026. L’organisation anticipe une croissance plus modérée des échanges de marchandises, estimée à 1,9 %. Ce ralentissement pourrait être accentué par les tensions géopolitiques, notamment le conflit au Moyen-Orient et l’escalade militaire impliquant l’Iran, Israël et les États-Unis, qui perturbent les flux commerciaux, en particulier au niveau du détroit d’Ormuz.

Selon l’organisation, la hausse des prix du pétrole liée à ces tensions pourrait retrancher jusqu’à 0,5 point de pourcentage à la croissance prévue du commerce mondial en 2026. À l’inverse, le maintien du dynamisme des échanges de biens liés à l’IA pourrait soutenir la croissance à hauteur équivalente.

Au-delà des marchandises, l’OMC alerte également sur les effets potentiels d’un conflit prolongé sur le transport international et le tourisme. Une persistance des tensions pourrait entraîner une hausse durable des coûts de transport et de carburant, perturber les routes maritimes et aériennes stratégiques et peser sur la demande mondiale de voyages.

À moyen terme, l’OMC envisage toutefois un redressement progressif. Dans son scénario de référence, la croissance du commerce mondial de marchandises passerait de 4,6 % en 2025 à 1,9 % en 2026, avant de remonter à 2,6 % en 2027. Du côté des services, la progression ralentirait de 5,3 % en 2025 à 4,8 % en 2026, puis s’établirait à 5,1 % en 2027.

Par ailleurs, la structure du commerce mondial reste dominée par les grandes puissances économiques. Les États-Unis demeurent le premier importateur mondial avec 3 507 milliards de dollars en 2025, tandis que la Chine conserve sa position de premier exportateur avec 3 772 milliards de dollars. L’Allemagne se maintient pour sa part au troisième rang, tant du côté des importations que des exportations.