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Dans un contexte mondial marqué par de fortes incertitudes, la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) a décidé d'associer sa politique monétaire afin de soutenir l'activité économique au sein de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Lors de l'édition de sa réunion tenue à Dakar, le 4 mars 2026, le Comité de politique monétaire (CPM) de l'institution a annoncé une baisse de 25 points de base de ses taux directeurs. La mesure entrera en vigueur le 16 mars prochain.

Le taux principal directeur est ainsi ramené de 3,25 % à 3,00 %, tandis que le taux du guichet de prêt marginal passe de 5,25 % à 5,00 %. Le coefficient des réserves obligatoires reste, pour sa part, à 3,0 %.

Dans un communiqué signé par le président de la Commission de l'UEMOA et président du Conseil des ministres de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, l'institution indique que cette décision devrait contribuer à « consolider l'assouplissement des conditions de financement de l'activité économique » dans l'Union.

Ce nouvel ajustement intervient après plusieurs années de resserrement monétaire. En juin 2022, la BCEAO avait engagé une série de hausses de taux pour contenir l'inflation, qui avait culminé à 8,4 % en octobre 2022 sous l'effet de la flambée des prix de l'énergie et des conséquences économiques de la guerre en Ukraine.

Le directeur avait alors atteint 3,50 % en décembre 2023, niveau maintenu tout au long du taux de l'année 2024. La tendance s'est inversée en juin 2025, lorsque la banque centrale a amorcé un cycle d'assouplissement en abaissant ce taux à 3,25 %.

La nouvelle réduction annoncée en mars 2026 intervient dans un contexte inédit de déflation dans l'espace UEMOA. L'inflation s'est établie à –0,8 % au quatrième trimestre 2025, après –1,4 % au trimestre précédent, sous l'effet notamment de la baisse des prix alimentaires liée à de bonnes récoltes et à une recul des coûts des produits importés.

Sur l’ensemble de l’année 2025, l’inflation est restée nulle. La BCEAO prévoit toutefois un retour progressif à 1,4 % en 2026, tout en reflétant les incertitudes liées aux tensions géopolitiques internationales.

Malgré ce contexte, l'économie de l'Union économique et monétaire ouest-africaine a enregistré une croissance de 6,7 % en 2025, contre 6,2 % en 2024. Cette performance a été soutenue par les bons résultats du secteur agricole, des services et des industries extractives et manufacturières.

Pour 2026, la BCEAO anticipe une progression du produit intérieur brut (PIB) réel de 6,4 %, portée notamment par une demande intérieure solide et la bonne tenue des productions agricoles et minières.

Dans le même temps, les crédits à l'économie ont progressé de 5,6 % en 2025, contre 4,5 % en 2024, traduisant une modérée du financement de l'activité.

Sur le plan extérieur, la balance commerciale de l'Union s'est améliorée grâce à la hausse des exportations d'or et de pétrole et à la baisse des importations alimentaires et énergétiques. La mobilisation accumulée de financements extérieurs par les États membres a également contribué à cette évolution favorable.

Toutefois, la baisse des prix de certaines matières premières, notamment le cacao (–43,9 % en glissement annuel en décembre 2025), le caoutchouc (–23,5 %) et le café (–19,3 %), pourrait peser sur les économies des pays producteurs.

Face à ces incertitudes, le Comité de politique monétaire de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest a indiqué qu'il continuerait de surveiller de près l'évolution des prix et se réservait la possibilité de prendre les mesures nécessaires pour préserver la stabilité monétaire et financière de l'Union.