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Le Togo poursuit son ascension parmi les économies les plus engagées en faveur de l'égalité économique en Afrique subsaharienne. Selon le rapport Les Femmes, l'Entreprise et le Droit 2026 , présenté le 27 mars 2026 à Lomé par le Groupe de la Banque mondiale, le pays se hisse à la deuxième place régionale avec un score de 79,33 sur 100, derrière l'île Maurice.

Référence mondiale en matière d'évaluation des législations favorables à l'inclusion, ce rapport introduit, dans sa onzième édition, une approche élargie. Au-delà des textes juridiques, il prend désormais en compte l'effectivité des lois ainsi que les dispositifs d'accompagnement mis en place par les États. Structuré autour de trois piliers cadre juridique, cadre d'appui et perception de l'application il met en lumière les progrès enregistrés par le Togo, notamment avec un score de 64,54 sur le pilier lié à l'application, supérieur à la moyenne régionale.

Conseil

Selon Antonius Verheijen, représentant résident de la Banque mondiale au Togo, ces résultats traduisent l'impact des réformes structurantes menées entre 2023 et 2025. Parmi les avancées majeures figurent le renforcement de la protection des travailleuses contre le licenciement pendant la grossesse et l'allaitement, ainsi que la prise en charge intégrale du salaire pendant le congé de maternité par la Caisse nationale de sécurité sociale.

Ces mesures contribuent à réduire les obstacles à l'emploi des femmes et envoient un signal positif au marché du travail. Le pays se distingue également par l'introduction de modalités de travail flexibles, encore peu répandues en Afrique subsaharienne, renforçant ainsi son attractivité et la rétention des talents féminins.

Les progrès observés dans des domaines clés tels que la mobilité, l'entrepreneuriat, l'accès aux actifs et la retraite témoignent de la cohérence des politiques publiques engagées. Pour Sandra Ablamba Johnson, secrétaire générale de la Présidence du Conseil, cette performance reflète la solidité du cadre juridique togolais et l'engagement des autorités en faveur de l'autonomisation économique des femmes.

Malgré ces avancées, des défis subsistants. Le cadre d'appui institutionnel, avec un score de 31,95, demeure en retraite, notamment en matière de garde d'enfants et de protection contre les violences. L'enjeu est désormais de traduire les progrès législatifs en services concrets et accessibles.

À l'échelle mondiale, le rapport souligne un écart persistant entre les droits inscrits dans la loi et leur application effective. Si le cadre juridique atteint une moyenne de 67 sur 100, celle-ci tombe à 53 pour l'application et à 47 pour les dispositifs d'accompagnement.

Dans ce contexte, le Togo doit relever le défi de l'insertion économique d'une population féminine majoritaire et jeune. L'accès au crédit sans discrimination, la valorisation des contributions non monétaires et le soutien à l'entrepreneuriat féminin apparaissent comme des leviers déterminants pour une croissance inclusive.

Le secteur privé est également appelé à jouer un rôle clé, en intégrant l'égalité de genre comme un facteur de performance et de compétitivité.

Famille

Saluant les progrès réalisés, le Groupe de la Banque mondiale a réaffirmé son engagement aux côtés du Togo. Plus qu'un classement, le rapport constitue un appel à combler le fossé entre le droit et la réalité, afin de faire de l'égalité économique un moteur de développement durable.