Une cinquantaine d'acteurs locaux se sont réunis le 25 février 2026 à Tchékpo Dédékpoé, dans la préfecture de Zio, pour prendre part à un atelier de restitution et de validation du rapport d'une étude consacré à l'accommodement des terres et à l'accès des femmes aux ressources foncières dans les communes de Zio 1 et Yoto 2.
La rencontre a rassemblé plusieurs parties engagées dans la gouvernance foncière locale.
Ont pris part à cet atelier des représentants des mairies de Zio 1 et de Yoto 2, des chefs de villages et notables, des femmes leaders d'organisations paysannes, des membres des Comités Villageois de Développement (CVD) ainsi que des jeunes acteurs communautaires. L'objectif de la rencontre était de partager les principaux résultats d'une étude réalisée entre juillet et septembre 2025 sur les dynamiques d'adaptation des terres et les défis liés à l'accès et au contrôle des ressources foncières par les femmes, tout en recueillant les observations des participantes afin de consolider et valider le rapport provisoire.
Au cœur des travaux, la présentation des conclusions de l'étude par le consultant a permis de mettre en lumière les différentes formes d'accompagnement des terres enregistrées dans les localités concernées. Les échanges en conférence et les travaux de groupes ont ensuite offert aux participants l'occasion d'analyser ces résultats, d'apporter des contributions et de formuler des recommandations en vue d'une meilleure gouvernance foncière locale.
Les discussions ont particulièrement insisté sur les pesanteurs socioculturelles et les contraintes économiques qui continuent de freiner l'accès des femmes à la terre, pourtant ressource stratégique pour la production agricole et la sécurité alimentaire des ménages ruraux.
Cette initiative est portée par INADES-Formation Togo dans le cadre du projet Égalité des Genres par l'Agroécologie mené par les Femmes en Afrique de l'Ouest (EGALE-AO), mis en œuvre avec l'appui financier d'Inter Pares dans le cadre du Programme d'Appui au Développement de l'Agriculture Familiale (PADAF). À travers ce projet, les promoteurs entendent renforcer le pouvoir économique et décisionnel des femmes rurales, notamment en favorisant un accès plus équitable et sécurisé aux ressources productives, dont la terre.
Pour un chef de village de la commune de Zio 1, cette rencontre constitue une étape importante dans la compréhension collective des enjeux fonciers.
« Dans nos communautés, la gestion des terres repose en grande partie sur les traditions. Mais il est essentiel de prendre en compte les difficultés que rencontrent les femmes afin de trouver des solutions bénéfiques pour toute la communauté », a-t-il confié.
Même conviction chez les responsables communautaires. Kodjo Mensah, président d'un Comité Villageois de Développement (CVD), estime que les conclusions de l'étude peuvent servir de levier pour orienter les actions locales.
« Les femmes jouent un rôle déterminant dans la production agricole. Leur garantir un accès sécurisé à la terre, c'est aussi renforcer la production et améliorer les conditions de vie des familles », a-t-il souligné.
Du côté des femmes participantes, l'initiative est appréciée comme une opportunité de faire entendre leurs préoccupations. Ama Koffi, femme leader d'une organisation paysanne, s'est réjouie de la démarche engagée.
« Cette étude met en lumière des réalités qui vivent beaucoup de femmes dans nos villages. Nous espérons que ses recommandations contribueront à améliorer notre accès à la terre et à renforcer notre autonomie économique », at-elle déclaré.
À l'issue des travaux, les participants ont réaffirmé leur volonté de poursuivre le dialogue et les actions de plaidoyer pour une gestion plus inclusive et équitable des ressources foncières. Une dynamique jugée essentielle pour soutenir l'agriculture familiale, renforcer la sécurité alimentaire et promouvoir l'autonomisation économique des femmes dans les communes concernées.
Jean-Marc Edron

