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À Atakpamé, la question de l'accès sécurisé à la terre pour les femmes rurales s'impose désormais comme un enjeu majeur de développement.

Réunis le 20 mars 2026 au Centre communautaire, autorités administratives, acteurs techniques et bénéficiaires ont lancé une réflexion approfondie dans le cadre du Projet d'Autonomisation des Femmes Rurales au Togo (PAFeRT), à travers une rencontre régionale d'analyse des conditionnalités d'obtention sécurisée des terres au profit des coopératives.

Initiée par le ministère des solidarités, du genre, de la famille et de la protection de l'enfance, cette rencontre s'inscrit dans une dynamique nationale visant à lever les obstacles structurels qui freinent encore l'accès des femmes à la terre, pourtant levier essentiel de leur autonomisation économique.

Cette rencontre répond à la nécessité de créer un cadre d'échanges entre acteurs étatiques et non étatiques impliqués dans la gestion foncière. L'objectif est clair : favoriser un accès effectif et sécurisé des femmes membres des coopératives à la terre, condition indispensable à la réussite de leurs activités productives et à l'amélioration de leurs conditions de vie.

Les travaux visent à répertorier les différentes possibilités d'accès à la terre dans les localités concernées, à analyser les pratiques administratives et communautaires en matière d'acquisition foncière, et à identifier les modalités concrètes d'obtention des terres, incluant les acteurs impliqués, les coûts et les documents requis.

À l'ouverture des travaux, le représentant de Madame la ministre de l'Action sociale, de la Solidarité et de la Promotion de la Femme a rappelé que l'autonomisation des femmes rurales constitue l'épine dorsale du PAFeRT, un projet conçu pour contribuer à la sécurité alimentaire et à la croissance économique nationale. Il a insisté sur le fait que, malgré les efforts déjà consentis en matière de renforcement de capacités, d'équipements et d'accompagnement des coopératives, l'accès au foncier reste un défi central à relever.

Le maire de la commune Ogou 1, Dr Komlan Mensah Kassamada, a salué la tenue de cette rencontre dans sa juridiction. Il a souligné que la sécurisation foncière des femmes est un facteur déterminant pour le développement local, notamment dans une région à forte vocation agricole. Il a également réaffirmé l'engagement des autorités locales à accompagner toutes les initiatives visant à faciliter l'accès équitable à la terre.

De son côté, le préfet de l'Ogou, Kodjo Agbeko Noël Ekpé, a mis en avant l'importance d'une synergie d'actions entre les différents acteurs du foncier. Il a appelé à une prise en compte des réalités socioculturelles dans les solutions proposées, tout en insistant sur la nécessité de garantir un cadre légal et sécurisé pour les femmes rurales, souvent confrontées à des pratiques coutumières restrictives.

La rencontre, qui se déroule sur deux jours, privilégie une méthodologie interactive basée sur les échanges, le brainstorming et les discussions en groupe. Elle réunit une diversité d'acteurs : préfets, maires, responsables du cadastre, magistrats, chefs traditionnels, chefs religieux, représentants de propriétaires terriens et membres de coopératives.

Cette approche inclusive vise à produire à la sortie des travaux des résultats concrets, notamment un répertoire des mécanismes d'accès au foncier, une meilleure appréhension des pratiques administratives et communautaires, et des propositions opérationnelles pour faciliter l'accès sécurisé à la terre pour les femmes.

Au-delà des échanges techniques, cette rencontre d'Atakpamé apparaît comme une étape stratégique dans la consolidation des politiques publiques en faveur de l'inclusion foncière. Les participants ont unanimement reconnu que l'accès sécurisé à la terre est un facteur clé pour accroître la productivité agricole, améliorer les revenus et renforcer la résilience des femmes rurales.

À travers le PAFeRT, le gouvernement togolais ambitionne ainsi de bâtir un environnement plus équitable, où les femmes rurales, actrices essentielles de la sécurité alimentaire, pourront pleinement jouer leur rôle dans le développement économique du pays.

Cette initiative marque donc une avancée significative vers une gouvernance foncière plus inclusive, capable de répondre aux défis actuels et futurs du monde rural togolais.

Jean-Marc Edron