Dans la commune Ogou 1, la salubrité change de dimension. Le 02 avril 2026, la commune a officiellement lancé sa politique communale de gestion des déchets et de l’assainissement, une initiative ambitieuse qui se veut bien plus qu’un simple programme : un véritable tournant dans la manière de vivre et de penser l’espace urbain.
Présidant la cérémonie, le préfet de l’Ogou, Kodjo Agbeko Noël Ekpé, a salué une initiative « salutaire et nécessaire » face aux défis croissants liés à l’insalubrité. Pour lui, cette politique communale constitue un levier stratégique pour protéger la santé des populations et préserver l’environnement.
Le représentant de l’État a surtout insisté sur la responsabilité collective : autorités locales, leaders communautaires et citoyens doivent désormais parler le même langage. Il a appelé à une mobilisation générale et durable, rappelant que « la propreté de nos villes est le reflet de notre discipline collective ». Un message fort, qui replace la question de l’assainissement au cœur du civisme et du développement local.
Derrière le caractère solennel de la cérémonie, un autre message s’est imposé, la propreté ne sera plus une affaire d’autorités seules, mais une responsabilité partagée. Car ici, il ne s’agit pas seulement de collecter des déchets, mais de bâtir une nouvelle culture citoyenne.
Au nom d’Expertise France, le représentant de l’institution, M. Eli AFFOSSOGBE, a salué une étape majeure pour la commune. Il a rappelé que cette politique s’inscrit dans le cadre du projet GEDEC, soutenu par l’Union européenne, avec pour ambition de renforcer les capacités locales en matière de gestion durable des déchets.
Dans un discours à la fois pédagogique et mobilisateur, il a souligné que « la gestion des déchets n’est plus une option, mais une responsabilité collective et un levier de développement ». Insistant sur les enjeux environnementaux et sanitaires, il a mis en avant des objectifs concrets : atteindre 90 % de collecte des déchets, valoriser jusqu’à 60 % des déchets plastiques et organiques, et améliorer significativement l’accès aux services d’assainissement.
Mais au-delà des chiffres, c’est un appel direct à l’engagement citoyen qu’il a lancé : « Sommes-nous tous inscrits au service de pré-collecte ? Et comment, chacun à son niveau, prenons-nous soin de notre environnement ? »
Dans la même dynamique, le maire de la commune Ogou 1, Dr Komlan Mensah Kassamada, a livré une intervention ferme et inspirante. Pour lui, cette politique marque le début d’une transformation profonde : « La propreté ne se décrète pas, elle se construit au quotidien par des actes responsables ».
Le maire a insisté sur la nécessité d’un changement de comportement immédiat : fin des dépotoirs sauvages, arrêt du brûlage des ordures et respect strict des règles d’assainissement. Il a également exhorté les populations à adhérer massivement au système de pré-collecte, condition essentielle à la réussite de cette réforme.
Portée par une vision claire, la commune entend structurer durablement la filière : organisation de la pré-collecte, valorisation des déchets, implication des associations et opérateurs locaux. Une dynamique qui s’inscrit en cohérence avec les efforts déjà engagés à l’échelle régionale et nationale pour améliorer le cadre de vie des citoyens.
Car les enjeux sont bien réels. Mauvaise gestion des déchets rime souvent avec caniveaux obstrués, inondations, maladies et dégradation de l’environnement. Face à ces défis, Ogou 1 choisit d’agir en profondeur, en misant sur la prévention, la responsabilisation et l’innovation.
Alignée sur la politique nationale de décentralisation et de gouvernance de proximité portée par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, cette initiative bénéficie du soutien des autorités administratives et des partenaires techniques.
À travers ce lancement, Ogou 1 envoie un signal fort : celui d’une commune qui refuse la fatalité de l’insalubrité et qui fait le pari de l’engagement collectif.
Ici, la propreté n’est plus un slogan. Elle devient une exigence, une discipline et surtout, une responsabilité partagée.
Jean-Marc Edron

