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Les réactions se multiplient au sein de la corporation médiatique togolaise après les menaces anonymes visant le journaliste Roger Amemavoh, à la suite d’un reportage consacré à un litige foncier à Latékopé, dans la commune Agoè-Nyivé 6, à Adétikopé.

Dans un communiqué rendu public le 17 février 2026 à Lomé, l’Observatoire Togolais des Médias (OTM) a exprimé sa vive préoccupation face aux intimidations proférées contre le journaliste, collaborateur du média en ligne Capture Médias.

L’institution condamne fermement des actes qu’elle qualifie d’atteinte grave à la liberté d’expression et à la liberté de la presse, garanties par les textes en vigueur au Togo. Rappelant que le droit à l’information constitue un pilier essentiel de toute démocratie, l’OTM interpelle les autorités en charge de la sécurité, les organisations professionnelles et les défenseurs des droits humains afin que soient prises des mesures urgentes pour assurer la protection physique et morale du journaliste.

L’Observatoire indique également se réserver le droit d’engager des poursuites contre X pour atteinte à la liberté de la presse et à la sécurité d’un professionnel des médias.

Dans un communiqué daté du 16 février 2026, le Syndicat des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) affirme avoir appris « avec une vive inquiétude » les menaces de mort et intimidations visant Roger Amemavoh. Après avoir recueilli son témoignage, le syndicat évoque des pressions constantes et condamne « avec la plus grande fermeté » ces agissements.

Le SYNJIT dénonce une « escalade insidieuse des atteintes à la liberté d’informer » observée ces dernières années, estimant que le journalisme togolais traverse une période marquée par une fragilisation progressive des piliers d’une presse privée libre et indépendante.

L’organisation prend à témoin les autorités sécuritaires, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), ainsi que l’opinion nationale et internationale, tout en exprimant sa solidarité totale au journaliste.

De son côté, le Patronat de la Presse Togolaise (PPT) s’est dit « profondément indigné » par les menaces persistantes visant le journaliste, saluant au passage sa rigueur et son professionnalisme.

L’organisation patronale estime que cette affaire, initialement locale, tend à prendre une dimension nationale, voire internationale. Elle appelle les autorités togolaises à garantir « en tout temps et en tout lieu » la protection de Roger Amemavoh ainsi que celle de la rédaction de Capture Médias.

Parallèlement, le PPT invite les journalistes à éviter toute réaction intéressée dans les médias et exhorte l’ensemble des professionnels à redoubler de vigilance dans le respect strict des règles éthiques et déontologiques.

La convergence des positions de l’OTM, du SYNJIT et du PPT illustre l’inquiétude croissante des organisations professionnelles face aux pressions exercées contre les journalistes au Togo. Au-delà du cas individuel, cette affaire ravive le débat sur les garanties effectives de la liberté de la presse et sur la sécurité des professionnels des médias.

Dans les milieux journalistiques, certains rappellent que l’autocensure constitue déjà une forme de violence silencieuse. Pour plusieurs acteurs du secteur, il devient urgent que l’ensemble des organisations de presse parlent d’une seule voix afin de mettre un terme aux intimidations et menaces visant les journalistes dans l’exercice de leur mission d’information.