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Face à la recrudescence inquiétante des accidents de la circulation, la ville d'Atakpamé sonne la mobilisation. Au cœur des préoccupations : le non-respect du port obligatoire du casque, facteur aggravant des blessures graves et des pertes en vies humaines.

C'est dans ce contexte qu'un atelier stratégique de formation des formateurs relais s'est tenu le mercredi 18 mars, avec l'ambition claire de faire émerger de véritables ambassadeurs de la sécurité routière dans la région des Plateaux.

Initiée par le ministère des Transports, du Désenclavement et des Pistes rurales, avec l'appui de la Banque mondiale, cette session s'inscrit dans la dynamique de la campagne nationale de sécurité routière au Togo. Elle a rassemblé un large éventail d'acteurs clés : agents de la direction de la sécurité routière, responsables de syndicats de transporteurs, représentants du monde éducatif, professionnels de santé et acteurs des médias.

L'objectif est sans équivoque : doter ces participants des compétences nécessaires pour sensibiliser efficacement les populations au respect du port du casque, devenu un impératif de survie sur les routes togolaises.
Les échanges ont été conduits par Marc Freitas, consultant en sécurité routière, qui a outillé les participants sur plusieurs thématiques essentielles. Il a notamment mis en lumière les causes des accidents à l'échelle nationale et dans la région des Plateaux, en insistant sur les particularités du secours accidenté. Il a également introduit l'approche « Safe System », fondée sur une responsabilité partagée entre tous les acteurs du système de transport, tout en abordant la problématique spécifique du port du casque au Togo.

Au-delà des aspects techniques, le consultant a insisté sur la nécessité d'une communication de proximité, adaptée aux réalités locales, pour impacter durablement les comportements. Il a rappelé que la sécurité routière demeure une priorité nationale portée au plus haut sommet de l'État, avec pour ambition de réduire drastiquement, voire éliminer, les accidents de la route.
Les chiffres évoqués donnent la mesure de l'urgence : au premier trimestre de l'année, Atakpamé a déjà enregistré 48 décès liés aux accidents de la circulation. Un constat alarmant qui renforce le rôle déterminant des formateurs relais dans la diffusion des messages de prévention.

Présent à la rencontre, le maire de la commune Ogou 1, Dr Kassamanda Komlan, a salué une initiative salutaire. Il a toutefois plaidé pour des actions complémentaires, notamment l'installation de dos d'âne sur la route nationale n°1, au niveau de la traversée de la ville d'Atakpamé. Selon lui, une telle mesure contribuerait à réduire la vitesse et à prévenir les accidents souvent tragiques sur cet axe.

Au sortir de cet atelier, une conviction s'impose : la lutte contre l'insécurité routière ne saurait être l'affaire des seules autorités. Elle exige une mobilisation collective, soutenue et continue. En mettant sur des relais communautaires bien formés, Atakpamé se donne les moyens de transformer la sensibilisation en véritable levier de changement, pour que le port du casque devienne enfin un réflexe salvateur et non une contrainte.

Jean-Marc Edron